Baudelaire, le grand poète des Fleurs du mal, a été sa vie durant un critique littéraire avisé. Le texte qu’il publia le 20 avril 1862 dans Le Boulevard sur Les misérables de Victor Hugo donne la mesure de la perspicacité de son regard de lecteur. Extrait...
« As-tu bien dans l'esprit que le principe de tous les maux pour l'homme, de la bassesse, de la lâcheté, c'est... la crainte de la mort ? Exerce-toi contre elle ; qu'à cela tendent toutes tes lectures et tu sauras que c'est le seul moyen pour les hommes...
« Il y a un secret plus impénétrable que celui de l'isoloir : c'est celui de ton cerveau, où nul ne pénètre, pas même toi. Quel bulletin vas-tu mettre dans l'enveloppe ? Tu as le choix ? Assurément. Mais que sais-tu du mécanisme neuronal qui te fait choisir...
« La plupart des gens s'adonnent au mirage d'une double croyance : ils croient à la pérennité de la mémoire (des hommes, des choses, des actes, des nations) et à la possibilité de réparer (des actes, des erreurs, des péchés, des torts). L'une est aussi...
Bronnie Ware, une infirmière australienne travaillant dans un service de soins palliatifs a recueilli des mois durant les regrets les plus souvent exprimés par les patients à la fin de leur vie. Elle en a fait un ouvrage intitulé Le top 5 des regrets...
« La loi était pour les Grecs le fondement et la garantie de toute liberté, de toute démocratie. Ou bien l'on obéissait à l'arbitraire d'un maître, ou bien l'on obéissait à la loi – c'est-à-dire à une règle fixe, semblable pour tous, que l'on sétait,...
« Tu te rends compte que personne ici ne m’a jamais posé une seule question sur ma vie là-bas ? Pas une seule question ! Jamais ! J’ai toujours l’impression qu’on veut m’amputer ici de vingt ans de ma vie. Vraiment, j’ai le sentiment d’une amputation....
« Pourquoi le plaisir de la lenteur a-t-il disparu ? Ah, où sont-ils, les flâneurs d'antan ? Où sont-ils, ces héros fainéants des chansons populaires, ces vagabonds qui traînent d'un moulin à l'autre et dorment à la belle étoile ? Ont-ils disparu avec...
« Depuis ce temps-là, de plus en plus fréquemment, j'ai pris l'habitude de m'évader par ce chemin de terre bordé de petits champs. Par ce chemin dans les champs où, seul sur un talus, pousse un églantier. Là, je retrouve les derniers fidèles. » Milan...
« La vitesse est la forme d'extase dont la révolution technique a fait cadeau à l'homme. Contrairement au motocycliste, le coureur à pied est toujours présent dans son corps, obligé de penser à ses ampoules, à son essoufflement ; quand il court, il sent...
« Il y a un préjugé naturel qui porte l’homme à mépriser celui qui a été son inférieur, longtemps après qu’il est devenu son égal ; à l’inégalité réelle que produit la fortune ou la loi, succède toujours une inégalité imaginaire qui a ses racines dans...
« Aujourd’hui j’ai compris : je pourrais de nouveau vivre avec eux, mais à condition que tout ce que j’ai vécu avec toi, avec les Français, je le dépose solennellement sur l’hôtel de la patrie et que j’y mette le feu. Vingt ans de ma vie passés à l’étranger...
« La norme du français est, en Afrique, exogène, elle vient d’ailleurs, et l’on pourrait réfléchir aux façons de mettre en place une normalisation partagée d’une langue partagée . On pourrait, ainsi, mais ce n’est qu’un exemple, imaginer que face à l’Académie...
« Mérite donc d’être appelé humanisme tout mouvement de notre esprit par lequel nous rejetons les habitudes de pensée, les principes, les enseignements de l’époque immédiatement précédente, à la seule condition que l’esprit pour se renouveler, pour rajeunir,...
« Il est bon de savoir quelque chose des mœurs de divers peuples, afin de juger des nôtres plus sainement, et que nous ne pensions pas que tout ce qui est contre nos modes soit ridicule et contre raison, ainsi qu'ont coutume de faire ceux qui n'ont rien...
« Le fondement de mon être et de mon identité est purement moral : il se trouve dans la fidélité à la foi que je me suis jurée à moi-même. Je ne suis pas réellement le même qu’hier ; je ne suis le même que parce que je m’avoue le même, parce que je prends...
Le prix Nobel d'économie 1998, Amartya SEN, a publié en 2006 un ouvrage à la fois profond et agréable à lire. Son titre original: Identity and Violence: The Illusion of Destiny . Traduit en français sous le titre Identité et violence , l'ouvrage contient...
« L’humanité se passionne pour des buts dérisoires. Ils s’appellent la richesse, la gloire, le luxe. Déjà jeune je les méprisais. J’ai un amour fort pour la justice, pour l’engagement social. Mais je m’intègre difficilement aux hommes et à leurs communautés....
« A la nouvelle démocratie du savoir, déjà là dans les lieux où s’épuise la vieille pédagogie et où la nouvelle se cherche, avec autant de loyauté que de difficultés, correspond, pour la politique générale, une démocratie en formation qui, demain, s’imposera....
« J'ai été nourri aux lettres dès mon enfance, et [parce] qu'on me persuadait que par leur moyen on pouvait acquérir une connaissance claire et assurée de tout ce qui est utile à la vie, j'avais un extrême désir de les apprendre. Mais sitôt que j'eus...
« Sitôt que l'âge me permit de sortir de la sujétion de mes précepteurs, je quittai entièrement l'étude des lettres. Et me résolvant de ne chercher plus d'autre science que celle qui se pourrait trouver en moi-même, ou bien dans le grand livre du monde,...
« La distinction entre ‘‘impôts acquittés par les ménages’’ et ‘‘impôts acquittés par les entreprises’’ n’a aucun sens : en dernier recours, tous les prélèvements obligatoires sont payés par les ménages. Par définition, les entreprises répercutent tout...
« L’obsession du mérite et le message implicite selon lequel le niveau de réussite scolaire reflète l’intelligence sont sans aucun doute extrêmement mortifiants pour les élèves les plus faibles. La méritocratie marque donc de manière cruelle l’expérience...
« Une école juste serait une école qui n’humilierait pas les vaincus, une école qui doterait tous les élèves des connaissances et des compétences nécessaires pour vivre sereinement de son travail dans notre type de société, sans dévaloriser le travail...
"Masques ! Ô masques ! Masque noir masque rouge, vous maques blanc-et-noir Masques aux quatre points d'où souffle l'Esprit Je vous salue dans le silence ! […] Vous distillez cet air d'éternité où je respire l'air de mes pères. Masques aux visages sans...