Trois figures mondiales de la sagesse
Dans un ouvrage consacré aux trois grandes figures mondiales de la sagesse que sont Socrate, Jésus et Bouddha, Frédéric Lenoir, directeur du magazine Le Monde des religions, écrit :
« Chacun à leur manière, Socrate, Jésus et le Bouddha ont cherché à émanciper l’individu à l’égard du groupe. Pour bien comprendre la portée de leur enseignement, qui peut nous paraître aujourd’hui naturel, il faut avoir en tête qu’ils vivaient tous trois dans un monde traditionnel où chaque individu était soumis au groupe. Son bien personnel comptait moins que celui de la collectivité à laquelle il appartenait, et il n’était pas question qu’un individu remette en cause l’autorité de la tradition. C’est d’ailleurs ainsi que fonctionnent aujourd’hui encore les sociétés dites justement traditionnelles. L’autonomie de l’individu par rapport au groupe, qui est l’un des signes distinctifs des sociétés occidentales, Socrate et Jésus en sont les lointains instigateurs. Il aura cependant fallu attendre le siècle des Lumières pour que cette autonomie, si profondément ancrée dans la culture, s’inscrive dans le droit. » (Cf. Socrate, Jésus, Bouddha : trois maîtres de vie, éditions Fayard (Poche), 2009, p237-238)
Je partage la distinction qu’il effectue entre, d’une part, les sociétés traditionnelles marquées par la soumission de l’individu au groupe, d’autre part, les sociétés occidentales respectueuses de l’autonomie individuelle. Je fais même de cette distinction le fondement de l’essor économique des pays occidentaux. Le poids de la tradition et le sentiment que le sort de chacun tient au groupe freinent les initiatives individuelles dans les sociétés traditionnelles. En revanche, lorsque les individus ont le sentiment d’être seuls maîtres de leur destin, leurs capacités d’innovation s’en trouvent démultipliées et la société toute entière finit par tirer profit de la situation. On pourrait dater le développement des sociétés occidentales du jour où les individus s’y sont émancipés par rapport au groupe…
Denis Dambré