J’ai passé une partie de mes vacances avec un poète disparu : le poète de langue allemande, Rainer Maria Rilke (1875-1926). Ses Lettres à un jeune poète, écrites à l’âge de 27 ans, recèlent de fulgurances sur l’écriture et la vie. Pour Rilke, l’originalité est la condition du succès en écriture. Raison pour laquelle l’écrivain doit travailler sur lui-même plutôt que sur des thèmes communs, en convoquant toute la richesse de sa vie. Il écrit (Poésie / Gallimard, 1993, p. 29) :  


« Si votre vie quotidienne vous paraît pauvre, ne l’accusez pas ; accusez-vous plutôt, dites-vous que vous n’êtes pas assez poète pour en convoquer les richesses. Pour celui qui crée, il n’y a pas, en effet, de pauvreté ni de lieu indigent, indifférent. Et quand bien même vous seriez dans une prison dont les murs ne laisseraient rien percevoir à vos sens des bruits du monde, n’auriez-vous pas alors toujours à votre disposition votre enfance, sa richesse royale et précieuse, ce trésor de souvenirs ? Portez là votre attention. »

 

Denis Dambré         

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