Pourtant, je n'aime rien tant que la tranquillité
Pourquoi donc je ne puis résister quelquefois à la tentation de dire sans illusions ce que je pense de la politique et de la marche du monde ? Pourtant, rien ne me plaît tant que la tranquillité. Rien ne me satisfait tant que la sérénité d’une écriture dénuée de toute prise de position politique. Mais voilà : de temps en temps, une force au fond de moi me pousse à m’exprimer sur tel sujet d’actualité. Et si je ne le fais pas, je ne trouve pas le repos et la tranquillité. Un peu comme si ma conscience me reprochait d’avoir triché. Un peu comme si je m’étais indûment dérobé à un devoir impérieux. Ce matin, par exemple, je me suis réveillé avec une folle envie de crier dans le vide contre les tueries auxquelles se livre le président syrien, Bachar el Assad. Oui, je dis bien crier dans le vide. Car je sais que je ne serai pas loin d’être le seul à entendre l’écho de mon propre cri. Un cri qui ne changera rien à la marche du monde. Mais un cri que je ne puis m’empêcher de pousser pour apaiser ma conscience. A cette seule fin, j’écris ces lignes. A cette seule fin, j’interviens aussi de temps en temps dans le débat politique.
Bachar el Assad a succédé à son père, Hafez el Assad, à la présidence de la Syrie le 17 juillet 2000. Médecin ophtalmologiste de formation, il n’a opté pour une carrière politique qu’à la mort (en 1994) de son frère aîné, Bassel el Assad, que son père préparait pour sa succession. Drôle de République syrienne où les enfants sont préparés pour succéder à leur père. Mais qu’à cela ne tienne ! Voilà que le vent des révolutions arabes souffle sur le pays, que le peuple ose dire tout haut qu’il ne veut plus être gouverné par la dynastie des el Assad. Et que fait l’héritier du trône de son père ? Oubliant sa formation de médecin qui le destinait à sauver des vies, Bachar el Assad mobilise les chars et sonne le rassemblement des forces armées pour massacrer sans pitié ni vergogne sa propre population ! Mais en quel temps vivons-nous ? Au temps médiéval de la féodalité ou au XXIe siècle ? Qu’est-ce donc que tous ces enfants gâtés qui succèdent crânement à leurs parents dans certains pays (Syrie, Togo, Gabon, République démocratique du Congo…) et croient être nés pour le pouvoir, que leur peuple le veuille ou non ? Que d’élections truquées et que de galvaudages du doux nom de la démocratie dans le seul but de servir des clans ! Vraiment honteux.
Denis Dambré