Rilke, que je citais précédemment, exhortait le jeune poète Franz Kappus à la prudence vis-à-vis des mots. Il écrit :

 

« Il est nécessaire d’être en général aussi prudent avec les mots ; c’est souvent à cause du nom donné à un crime qu’une vie se brise, et non à cause de l’acte lui-même, individuel et sans nom, qui fut peut-être, dans cette vie, une nécessité tout à fait déterminée et qu’elle eût pu sans doute assumer sans peine. » (Lettres à un jeune poète, Poésie / Gallimard, 1993, p. 115)

 

Rilke a raison. Les mots ne sont pas neutres. Selon la qualification donnée à une tuerie (assassinat, meurtre, meurtre avec préméditation, crime, massacre, crime contre l’humanité…), le verdict de la cour de justice sera différent.      

 

Denis Dambré

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