Le temps qui passe et l'oeuvre des hommes
« Le temps n'ajoute ni ne retire rien aux amours et aux haines éprouvées par les hommes, à leurs engagements, à leurs luttes et à leurs désirs : jadis et aujourd'hui, ce sont toujours les mêmes. Supprimer au hasard dix siècles d'histoire n'affecterait pas de façon sensible notre connaissance de la nature humaine. La seule perte irremplaçable serait celle des œuvres d'art […]. Car les hommes ne diffèrent et même n'existent que par leurs œuvres. Comme la statue de bois qui accoucha d'un arbre, elles seules apportent l'évidence qu'au cours des temps, parmi les hommes, quelque chose s'est réellement passé. »
Claude Lévi-Strauss (2013) : Nous sommes tous des cannibales, éditions du Seuil, Paris, p. 144