La sociologue Marie Duru-Bellat écrit avec justesse dans son ouvrage intitulé Le mérite contre la justice (Presses de la fondation nationale des sciences politiques, 2009, p. 10): « [Dans les sociétés modernes,] les inégalités sociales sont jugées acceptables – voire justes – si et seulement si elles sont censées découler des qualités individuelles (talents, efforts…) et non des caractéristiques héritées (origine sociale, sexe…) ».

 

Elle a raison. En effet, les caractéristiques héritées sont-elles complètement absentes dans la constitution du mérite des individus ? Assurément non. De nombreuses études sociologiques montrent, par exemple, que les élèves issus des milieux favorisés réussissent mieux à l’école que ceux issus des milieux défavorisés. Non que ces derniers soient par nature moins performants, mais parce que ce qu'on apprend à l'école entre davantage en complémentarité avec les acquis extra-scolaires des premiers. Ce qui revient à dire que l'origine sociale détermine en partie la réussite ou l'échec des individus. Et l'un des rôles de l'école est de travailler à réduire ces inégalités fondamentales entre les uns et les autres.  

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