« Il est des souvenirs que rien n'altère ; plus tenaces que des kystes, ils plantent leurs ventouses en nous et défient le temps. On se surprend parfois à murmurer : Telle chose, c'était il y a bien longtemps, mais c'est comme si c'était hier... Ce n'est pas qu'on se plaise à marcher à reculons. […] C'est le passé, maudit sorcier, qui parfois vous jette un fil à la patte. A moins que ce ne soit un fil de coton, tissé par une mère possessive qui maille le monde afin de ne pas perdre la trace de ses enfants. »

 

Fatou Diome, Impossible de grandir, Flammarion, 2013, p. 12

 

Retour à l'accueil