J’ai lu dans La… sottise ? (Vingt-huit siècles qu’on en parle) du philosophe Lucien Jerphagnon (Albin Michel, 2010, p. 24) une citation fort intéressante de Machiavel. Elle décrit le monde comme un supermarché où l’on vend plus de sottise que raison. Pour l’auteur du Prince, les humains ne consentent à entendre raison que lorsque la masse des marchands de sottise ne sait plus ni que dire ni que faire. Il écrit :   

« Or, il n’y a guère que du vulgaire dans le monde, et le petit nombre d’esprits pénétrants qui s’y rencontre ne dit ce qu’il entrevoit que lorsque le grand nombre de ceux qui ne le sont point ne sait plus à quoi s’en tenir… »

La réflexion de Machiavel souligne le fait que la « vérité » du moment tient souvent de ce que Lucien Jerphagnon appelle « la sottise atmosphérique ». Car, comme l’écrit Aldous Huxley dans Le meilleur des mondes : « soixante-deux mille quatre cents répétitions font une vérité » (cité par Jerphagnon, p. 56). Cela est d’autant plus vrai dans un monde où la communication a pris une ampleur jamais égalée dans l’histoire.  

 

 

Denis Dambré

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