Le sacré en philosophie
En philosophie, le concept de « sacré » renvoie à ce pour quoi nous serions prêts à nous sacrifier. Partant de cette définition, Luc Ferry, ancien ministre de l’éducation nationale redescendu dans l’arène philosophique, estime que dans les vieilles démocraties occidentales l’époque où l’on se sacrifiait pour des idéaux religieux ou politiques est révolue. Désormais, la seule valeur sacrée, c’est-à-dire le seul motif qui pourrait encore conduire un individu à se sacrifier, c’est l’amour pour une personne. Il écrit :
« Qui voudrait encore aujourd’hui, dans les jeunes générations, mourir pour Dieu, pour la patrie ou pour la révolution ? Personne ou presque. (…) Les seuls êtres pour lesquels nous serions prêts désormais, s’il le fallait absolument, à mettre en jeu notre existence sont d’abord et avant tout des humains, non plus des idéaux politiques ou religieux, mais des êtres de chair et de sang, à commencer bien sûr par ceux que nous aimons, par ceux qui sont pour ainsi dire transfigurés, puis ‘’sacralisés’’ par l’amour. »
Voir Luc Ferry (2010) : La révolution de l’amour : pour une spiritualité laïque, Plon, p. 15-16
A méditer.
Denis Dambré