La fidélité à soi-même
Dans son Petit traité des grandes vertus (PUF, 1995, p. 30), André Comte-Sponville s’interroge : « Pourquoi tiendrais-je ma promesse de la veille, puisque je ne suis plus le même aujourd’hui ? Pourquoi ? » Et le philosophe de répondre : « Par fidélité ». La fidélité est la vertu selon laquelle je suis toujours le même malgré les changements auxquels le temps et l’espace me soumettent. C’est pourquoi, Montaigne considérait la fidélité comme le fondement de l’identité personnelle :
« Le fondement de mon être et de mon identité, écrit-il, est purement moral : il se trouve dans la fidélité à la foi que je me suis jurée à moi-même. Je ne suis pas réellement le même qu’hier ; je ne suis le même que parce que je m’avoue le même, parce que je prends à mon compte un certain passé comme le mien, et parce que j’entends, dans l’avenir, reconnaître mon engagement présent comme toujours le mien. »
Il n’est donc pas de sujet sans fidélité de soi à soi-même.
Denis Dambré