L'avenir de la langue française
Au nombre des intérêts français en Afrique figure celui des échanges cuturels. La francophonie dont l'ex-président sénégalais, Léopold Sédar Senghor, a été le principal initiateur nous le rappelle encore. Pour mémoire, la langue française était encore au début du XXe siècle la langue la plus apprise dans le monde. Désormais c'est l'anglais. Or, comme le souligne le linguiste Claude Hagège, l'avenir du français se joue chez les ressortissants des anciens territoires coloniaux où la langue jouit d'un grand prestige. Il écrit:
"(...) pour la langue française, les groupes qui pourraient détenir les clés de l'avenir ne se recrutent sans doute pas seulement parmi les éléments de vieille citoyenneté française, mais aussi parmi les immigrés de deuxième génération. La prise en compte plus attentive des langues africaines et de l'arabe, ainsi que l'intérêt pour leurs usagers, ont d'autant plus d'importance que tous ceux d'entre eux qui possèdent la nationalité française, et pour qui cette identité est une conquête et non un naturel ou de naissance, sont logiquement plus soucieux des valeurs françaises."
Claude Hagège (2006): Combat pour le français au nom de la diversité des langues et des cultures, Editions Odile Jacob, p. 158-159