Une observation perspicace du sociologue François Dubet dans L’école des chances, un ouvrage publié en 2004 aux éditions du Seuil :

« (…) en France, (…) on pense souvent que les promotions sociales liées aux études sont beaucoup plus légitimes que celles qui résultent de l’activité économique ; la vertu du boursier s’oppose à la vulgarité du parvenu : il est plus honorable de réussir ses études que de « s’enrichir » par le commerce ou l’industrie. »

La véracité de cette observation souligne un paradoxe pour le moins étonnant de notre système éducatif. En effet, la mission confiée à l’école par la nation est triple : instruire, éduquer et former. Former signifie conduire les jeunes vers l’insertion sociale et professionnelle. Or, comme le note François Dubet, on a tendance à accorder une moindre valeur à la réussite sociale et professionnelle de ceux qui n’ont pas fait beaucoup d’études. Comme si l’un des buts visés de l’école n’était pas justement l’insertion sociale et professionnelle des jeunes !

« Il faut de tout pour faire un monde », dit l’adage. L’élève qui se réalise après le BEP a autant atteint son objectif que celui qui se réalise après un doctorat. Tout l’enjeu de l’école est d’aider l’un et l’autre à développer au maximum leurs potentialités et à choisir leur voie en fonction de leurs capacités. Accorder une moindre valeur au succès du premier qu’à celui du second revient tout simplement à considérer les études comme l’en-soi de la vie. 

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