Le français d'Afrique est devenu un français africain. Il s'est adapté aux réalités africaines, prenant comme le dit le linguiste Louis-Jean Calvet dans Histoire du français en Afrique (Éditions Écriture, 2010), « des couleurs locales ». J'aime l'étude de l'apprentissage des langues étrangères parce qu'elle permet de mieux appréhender le processus d'appropriation d'une culture étrangère. Elle donne à voir que la langue, tout comme la culture qu'elle véhicule, n'est pas un corps figé mais vivant. Certes, elle est un héritage des ascendants. Mais, à l'opposé des biens matériels qu'on lègue à ses descendants, elle ne saurait leur être exclusivement réservée sans courir le risque de s'appauvrir, voire de dépérir. Il en est de même des cultures, n'en déplaise aux adeptes du choc des civilisations. S'ouvrir aux autres, partager avec eux la culture, c'est les enrichir et s'enrichir soi-même.

 

 

Denis Dambré    

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