Ce que je préfère à la télévision, ce sont les reportages sur les pays lointains, ces endroits du monde que la vie ne me permettra sans doute jamais de visiter, ces personnes que je n’aurai très probablement jamais l’occasion de rencontrer. Certes, je déteste la manière dont certains reporters parlent de ces « recoins perdus » de la planète, leur regard beaucoup trop distancié pour ne pas être suspect de mépris. Mais je préfère tout de même les reportages à d’autres émissions. Quelquefois, au détour d’une interview, j’apprends d’une personne qui habite dans son village, à des milliers de kilomètres, des choses si profondes sur la vie que nos années d’études m’apparaissent soudain beaucoup trop longues pour le peu de savoir que nous en tirons.

Pas plus tard qu’hier, je suivais un reportage réalisé par des Allemands sur les îles africaines. Sur l’île de Zanzibar dans l’océan Indien, une rencontre avec un sage de 101 ans assis sous son hangar. Malgré la blancheur immaculée de sa barbe, le temps a eu peu de prise sur son physique.

« Quel est le secret de votre longévité ? » lui demande le reporter.

« Je me suis toujours attaché à me nourrir de bons produits, mais en petite quantité. Et j’aime les autres : je n’envie pas leurs succès et ne me réjouis pas de leurs échecs. Voilà tout le secret de ma longévité. » répond le sage en esquissant un léger sourire.

Le reporter est stupéfait par la sagesse de cet homme. Et moi de me dire : « Epicure n’a pas disparu ; il habite encore des milliers d’âmes à travers ce monde ! »          

 

Denis Dambré

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