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La pauvreté suffit-elle à expliquer les phénomènes de violence observables dans certains établissements scolaires de quartiers populaires ? Non. L’exclusion sociale constitue certes un terreau sur lequel peut germer la violence scolaire, mais seule sa corrélation avec d’autres facteurs est déterminante. D’ailleurs, si pauvreté était synonyme de violence scolaire, les indicateurs les plus alarmants dans ce domaine concerneraient les pays pauvres ; ce qui n’est pas le cas… Dans Violence à l’école : un défi mondial ?, Eric Debarbieux écrit à ce sujet (Armand Colin, 2006, p. 227) :     

  

« Les facteurs socio-économiques ne sont pas explicatifs par eux-mêmes. En fait, il n’y a aucune relation d’équivalence entre pauvreté ou chômage et délinquance, pas plus qu’il n’y a dans les établissements scolaires, de noyaux durs en soi, ni de fatalité sociale à leur production. La violence et la délinquance, même lorsqu’elles frappent brutalement, ont toujours une histoire. Elles doivent être situées dans une progression souvent lente, qui part sans doute de l’exclusion sociale, mais qui se réalise dans les interactions de micro-exclusions évitables (répartition dans les classes, punitions, violences symboliques, qui ''soudent'' des groupes d’individus dans un jeu d’écart en ‘‘eux/nous’’, ‘‘amis/ennemis’’. »

 

Denis Dambré

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