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A l’école, les enfants issus des couches sociales défavorisées ou les enfants dont les parents ont connu une trajectoire scolaire difficile se retrouvent bien souvent – et malgré eux ! – dans une compétition dont ils sont d’avance les perdants.

Les familles en situation de grande précarité sont, par la force des choses, souvent obligées de placer la scolarité des enfants au second plan de leurs préoccupations. Car le souci premier de toute personne qui se trouve dans une telle situation est la survie au quotidien (questions alimentaires, de loyer, de santé…). Quant aux parents qui ont connu une trajectoire difficile à l’école, ils sont de fait bien en peine pour aider leurs enfants à faire leurs devoirs à la maison – surtout lorsque ces derniers exigent d’eux des compétences qu’ils n’ont pas. D’où le décalage avec les enfants des professionnels de l’éducation, par exemple, qui bénéficient d’un préceptorat et d’un véritable coaching en-dehors du temps scolaire.

Tout se passe donc comme si l’on organisait une course de fond en acceptant d’emblée l’idée que les participants les moins bien entraînés soient placés loin derrière la ligne de départ et que, contrairement aux autres, ils aient des haies à franchir sur le parcours. C’est pourquoi, le point de vue de François Dubet dans L’école des chances : qu’est-ce qu’une école juste ? (Seuil, 2004) mérite attention et réflexion. Pour lui, le mérite à l’école est peut-être « tout simplement une reconstruction biographique transformant en victoire personnelle une suite de hasards heureux » (p. 33).  

Ceux qui réussissent à l’école réussiraient-ils s’ils étaient nés dans une autre famille, un autre pays ou une autre époque ? A l’inverse, ceux qui échouent sont-ils vraiment seuls responsables de leur échec ?

 

Denis Dambré

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