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Je me suis mis à la lecture de Plaidoyer pour le bonheur, un ouvrage publié en 2003 par Matthieu Ricard, le biologiste français – fils du philosophe disparu Jean-François Revel – qui a abandonné sa brillante carrière de chercheur en biologie moléculaire pour devenir moine bouddhiste. Une lecture très instructive qui me permet de mieux comprendre pourquoi l’on dit d’ordinaire que le bouddhisme est davantage une philosophie qu’une religion. Je découvre une philosophie du bonheur bien éloignée de nos représentations matérialistes habituelles. Il s’agit au fond de tendre vers la meilleure connaissance possible de la réalité, c’est-à-dire de « la nature véritable des choses », en éliminant nos « fabrications mentales » erronées. Car c’est seulement en nous éloignant du monde de l’ignorance (le samsara), autrement dit de l’« univers mental fondé sur l’idée fausse que nous nous faisons de la réalité », que nous éliminerons les toxines de la souffrance pour accéder au bonheur. Mais qu’est-ce que le bonheur ? Matthieu Ricard écrit (p. 14-15) :

« Demandez à plusieurs personnes de raconter des épisodes de ‘‘parfait’’ bonheur : certaines parlent de moments de paix profonde ressentie dans un environnement naturel harmonieux, dans une forêt où filtrent des rayons de soleil, au sommet d’une montagne face à un vaste horizon, au bord d’un lac tranquille, lors d’une marche de nuit dans la neige sous un ciel étoilé, etc. D’autres mentionnent un événement longtemps attendu : la réussite d’un examen, un triomphe sportif, la rencontre avec une personne qu’ils ont ardemment souhaité connaître, la naissance d’un enfant. D’autres enfin parlent d’un moment d’intimité paisible vécu en famille ou en compagnie d’un être cher, ou le fait d’avoir rendu quelqu’un heureux. Il semble que le facteur commun à ces expériences, fertiles mais fugitives, soit la disparition momentanée de conflits intérieurs. La personne se sent en harmonie avec le monde qui l’entoure et avec elle-même. Pour celui qui vit une telle expérience (…), les points de référence habituels s’évanouissent (…), il n’attend rien de particulier. Il ‘‘est’’ simplement, ici et maintenant, libre et ouvert. »            

 

Denis Dambré

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