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Le hasard a voulu que je tombe sur l'émission Rire ensemble contre le racisme et l'antisémitisme (diffusée sur France 2 le mardi 30 octobre) le jour même où j'entamais la lecture d'un petit ouvrage intitulé Andromaque, veuve noire (Editions de L'Herne, 2012). Ecrit par le philosophe académicien Michel Serres, l'ouvrage s'ouvre sur une distinction entre l'identité d'une personne (sa singularité par rapport à toute autre personne) et ses multiples appartenances (elle peut faire partie des grands, des chauves, des Européens, des Français, des Bourguignons, des athées, des amateurs de choucroute etc.). Voici ce qu'écrit Michel Serres (p. 8 ; p. 10-11) :

 

« Que dit le raciste ? Il vous traite comme si votre identité s'épuisait en l'une de vos appartenances : pour lui, vous êtes noir ou mâle ou catholique ou roux. Cela revient à réduire la personne à une catégorie ou l'individu à un collectif. Non, vous ne faites que partie de tel pays, de cette religion ou de votre sexe. De là fondent sur le monde tant de malheurs qu'il vaut mieux redresser cette erreur. Le racisme réduit le principe d'identité à la relation d'appartenance, liens pour lesquels la logique et les mathématiques écrivent deux signes différents. Pitié : n'usez pas du terme identité, quand il s'agit de culture, de langue ou de sexe, puisque, là, il signifie l'appartenance : cette faute devient vite un crime. […] Ne défendez donc pas, bec et ongles, l'une de vos appartenances, multipliez-les, au contraire, pour enrichir votre identité, d'autant plus heureuse et forte, justement, qu'elle se délivre de l'appartenance que vous désiriez défendre. Ce faisant, vous l'honorerez mieux. » 

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