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J’éprouve un grand plaisir à relire de temps en temps L’art du Bonheur de Christophe André, médecin-psychiatre spécialiste de la psychologie des émotions. Paru en 2006 aux éditions L’iconoclaste à Paris, l’ouvrage - inspiré de l'art, de la philosophie et de la littérature - diffuse un vrai parfum de bonheur. Son achat et sa lecture mériteraient d’être remboursés par la sécurité sociale ! Voici ce qu’il écrit au sujet de l’amour :   

« L’amour, nous apprennent les philosophes, ne se résume pas à la passion amoureuse. Il en existe en réalité trois formes : Eros, Philia et Agapê.

Eros, c’est l’amour né du désir et du manque, l’amour passionnel et possessif : il tend vers la fusion avec son objet. Source de grand bonheur s’il est partagé, et d’immense souffrance s’il ne l’est pas. Eros est de tous les amours naissants. Son destin naturel est de s’éteindre : ni notre corps, ni notre esprit ne pourraient supporter une passion amoureuse chronique des années d’affilée. Mais il peut, dans le meilleur des cas, renaître régulièrement de ses cendres. (…)

Philia, c’est l’amour qui se rapproche de l’amitié. (…) ce n’est pas forcément un sous-amour, un sentiment fatigué et vieilli. C’est autre chose. Il existe des amitiés amoureuses, des amours amicaux. Qui vont donner autant de bonheur, sinon plus que l’amour-passion. Et certainement moins de malheur. Philia, c’est l’amour capable de laisser respirer son objet loin de soi, de ne pas souffrir de son manque, de son éloignement, de son absence. C’est l’amour qui veut le bonheur de l’autre, et pas seulement le sien propre au travers de sa présence. (…)

Agapê, c’est enfin l’amour la plus altruiste qui soit. Celui qui fait que l’on peut aimer même ceux qui ne nous sont pas proches, même ceux que l’on ne connaît pas. Amour du genre humain ? C’est pourquoi Agapê est le plus difficile des trois évidemment, car le plus éloigné de nos habitudes, de nos réflexes et de nos besoins : nous sommes plus souvent portés à connaître pour aimer, alors que nous devrions aussi nous montrer capables d’aimer pour connaître. C’est l’amour du prochain de la tradition chrétienne, la charité. Davantage le fruit d’une attitude philosophique que d’un instinct ou d’une aptitude psychologique. »

 Christophe André (2006) : L’art du Bonheur, éditions L’iconoclaste, Paris, p. 67-68

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