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Sous la plume de Luc Bonner est paru le 26 septembre 2009 dans le journal Le Monde un article très intéressant intitulé : « Banlieues : le modèle communautaire américain tente les sociologues français ». On peut résumer comme suit l’argumentaire des chercheurs français :
Aux Etats-Unis, le système politique encourage les citoyens à s’organiser en communauté d’intérêts pour se faire entendre des institutions, des entreprises, des pouvoirs publics etc. ; ce qui entraîne une participation active des citoyens à la vie publique et contribue à la vitalité de la démocratie. Le président Barack Obama fut lui-même, au milieu des années 1980, un ‘‘organisateur de communauté’’ dans les quartiers sud de Chicago, une fonction qui consiste à amener les habitants à s’organiser pour défendre leurs intérêts face aux bailleurs sociaux, aux banques, aux municipalités…          
En France, par contre, l’avis des citoyens lambda compte peu. On passe le temps à regretter la passivité des gens tout en pointant un doigt réprobateur sur ceux qui s’organisent pour défendre leurs intérêts. Il en est ainsi des habitants des banlieues dont les velléités de regroupement en communauté d’intérêts ont été sévèrement critiquées au nom de la lutte contre les dangers du ‘‘communautarisme’’. Le sociologue Laurent Mucchielli explique le point de vue des chercheurs en ces termes :
« (En France), le mot même de communauté (communauté d’intérêts, communauté de voisinage) est dégradé en ‘‘communautarisme’’ pour désigner une forme régressive de citoyenneté. (C’est là tout) le paradoxe d’une politique qui passe son temps à regretter que les gens soient passifs et ‘‘assistés’’ mais qui ne comprend pas que sa façon de faire ‘‘paternaliste’’ ne peut que produire cela. »  

 

D. Dambré 

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