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Désemparés face aux problèmes comportementaux des élèves,  certains professionnels de l’éducation critiquent parfois la formation qu’ils ont reçue. Pour eux, elle ne servirait pas à grand-chose parce qu’elle ne répondrait pas aux besoins du terrain. « On n’a pas été formé pour ça ! » entend-on souvent dire dans les établissements. Certes, comme toute formation, celle que reçoivent les professionnels de l’éducation peut et doit être améliorée. Au demeurant, c’est un fait bien connu depuis la dialectique hégélienne que la critique est indispensable au progrès social. Je voudrais toutefois relever une faiblesse patente dans l’argumentation de ceux qui  pourfendent trop facilement la formation aux métiers de l’éducation ; en précisant bien que je parle ici de la formation en général et non de sa réforme récente dont le pouvoir politique lui-même commence à prendre la mesure des incohérences.  

Les mises en cause de la formation en général laissent souvent apparaître une confusion entre le métier et l’emploi. La formation vise l’apprentissage d’un métier, tandis que la prise de fonctions dans un établissement sous-entend l’occupation d’un poste, c’est-à-dire d’un emploi précis dans un contexte géographique, social et économique bien déterminé. Placé en situation, le professionnel formé se doit donc d’adapter lui-même les connaissances acquises sur le métier au contexte géographique, social et économique du poste d’affectation. En bref, exercer un métier, c’est déployer ses connaissances en les adaptant à une situation donnée. Car l’éducation ne consiste pas en l’exécution de tâches répétitives comme à l’usine. Elle nécessite un engagement réflexif et une remise en cause permanente de la part du professionnel.    

Il faut donc se rendre à une évidence : quelle que soit la richesse d’une formation, elle ne remplacera jamais l’effort du professionnel pour s’adapter au contexte de l’emploi qu’il occupe. La meilleure preuve en est que, affectés dans un même établissement, deux personnes qui ont suivi la même formation ne réagiront pas forcément de la même manière : l’un peut s’adapter sans peine là même où l’autre éprouvera d’énormes difficultés. Mais il y a pire que la difficulté d’adaptation : c’est d’avoir une représentation idéalisée de l’élève. Car, dans ce cas, on n’arrive même pas à comprendre que le public scolaire puisse être différent de l’image qu’on s’en était faite.  

 

Denis Dambré  

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