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Ah, les philographes ! C’est ainsi que le journaliste et essayiste François de Closets désigne, dans un ouvrage paru en 2009 sous le titre Zéro faute, ceux qui vouent un culte aux bizarreries de l’orthographe. L’auteur y pointe la ségrégation larvée dont sont victimes ceux qui ne maîtrisent pas l’orthographe de la langue de Molière, c’est-à-dire la majorité de la population française. Car, de toute évidence, la vénération que lui témoignent les personnes entraînées à déjouer les pièges des dictées de Bernard Pivot cache mal le conservatisme désuet de normes orthographiques dont la maîtrise n’est – de plus en plus ! – réservée qu’à une petite élite.

L’ouvrage de François de Closets fait du bien. Sa lecture donne à voir par endroits le gouffre béant qui sépare, d’un côté, les tenants d’une profonde réforme orthographique, de l’autre, les partisans du maintien de l’ordre actuel, voire de sa complexification. Sur ce dernier point, la citation faite par François de Closets d’Alexandre Vialatte prête à sourire : « L’orthographe est toujours trop simple…, écrit ce dernier, il y aurait intérêt à compliquer ses règles. Quand on est amoureux de la langue, on l’aime dans ses difficultés. On l’aime telle quelle, comme sa grand-mère, avec ses rides et ses verrues. » (p. 79). Ah, le charme fou des verrues de nos grands-mères !

 

Denis Dambré 

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