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En psychologie, on appelle ''résilience’’ la capacité des individus à se reconstruire après une blessure traumatisante de la vie. Depuis quelques années, l’espace scolaire offre un champ d’investigation pour les chercheurs de la résilience.

L’ouvrage publié en 2005 par Bertrand Bergier et Ginette Francequin sous le titre La revanche scolaire (éditions érès) montrait déjà que des élèves multi-redoublants ou présumés inaptes aux études parvenaient quelquefois à se hisser aux sommets de l’enseignement supérieur pour devenir des ingénieurs, avocats, des médecins, des pilotes de ligne, des architectes etc.

En 2008, une étude de psychologie clinique publiée par Evelyne Bouteyre sous le titre La résilience scolaire confirmait que des sujets a priori condamnés à l’insuccès scolaire ou soumis à une haute probabilité d’échec dans les études arrivaient parfois à déjouer les pronostics des humiliations et des jugements négatifs subis au cours de leur scolarité.

Il semble que le point commun de tous ces résilients du système éducatif soit la rencontre, à un moment de leur parcours, d’enseignants qui leur ont tenu un discours valorisant. Ces derniers sont appelés « tuteurs de résilience ». 

La leçon à tirer est simple : les professionnels de l’éducation tout comme les parents ne doivent pas minimiser la portée des paroles qu'ils adressent aux jeunes. Ils doivent surtout éviter les jugements définitifs lorsque les jeunes sont en difficulté. Dire à un jeune qu’il n’aboutira à rien dans la vie, ce n’est pas seulement émettre un jugement définitif discutable et douteux ; c’est surtout enfoncer, sans le savoir, une personnalité en construction alors même que le rôle de l’éducateur est de contribuer à faire émerger ses capacités. Les jugements négatifs définitifs posent un sérieux problème éthique. Les professionnels de l’éducation devraient y prêter une attention particulière.

 

Denis Dambré 

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