Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Se référant aux ouvrages d’Yves Michaud (Qu’est-ce que le mérite ?, Gallimard, coll. ‘’Folio essais’’, Paris, 2011) et de Dominique Girardot (La société du mérite. Idéologie méritocratique et violence néolibérale, Le Bord de l’eau, Lormont, 2011), Angélique Del Rey écrit dans Le Monde diplomatique n° 687 du mois de juin 2011 :

 

« […] le mérite est aujourd’hui utilisé […] comme une machine à justifier toutes les inégalités, y compris les moins justifiables […]. Devenue signe de la ‘‘réussite individuelle égoïste’’, le mérite n’est plus lié aux valeurs de la res publica, ‘‘la chose commune’’, mais à celles du néolibéralisme et de l’ultralibéralisme. L’étranger doit mériter son séjour par des compétences utiles au pays d’accueil, l’artiste mériter des subventions publiques en s’efforçant de réunir aussi des fonds privés. On raisonne ainsi ‘‘selon une analogie entre les hommes et les marchandises : nos talents, qualités, compétences, s’apprécieraient à leur juste ‘‘valeur’’ à condition d’être livrés à la main invisible du marché.’’ […] L’idéologie du mérite participe à la réification de l’humain, où chacun se trouve réduit à une somme de compétences à la fois constructibles, mesurables et utilisables. »

 

Denis Dambré

Partager cet article

Repost 0