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« Paradoxalement, la morale apparaît quand l'amour fait défaut. Elle dit, en substance : ''quand tu n'es pas capable d'aimer, agis comme si tu aimais, sois au moins moral, sois au moins généreux.'' Ces ''comme si'' s'appellent droit ou politesse, lesquels ''imitent la morale'', en son absence, car ''être poli ou honnête, au sens juridique du terme, c'est agir comme si on était vertueux'', comme si on ressentait de la gratitude ou du respect. Tout commence par la politesse, la plus petite des vertus, qui n'est pas encore morale (mais qui n'est pas rien : imaginons une société où tout le monde respecterait le droit et la politesse), et tout se termine par l'amour, la plus grande des vertus, trop grande même, parce qu'elle outrepasse la morale, ou, dirait Nietzsche, est ''par delà le bien et le mal''. Si chacun, inconditionnellement, agissait par amour, le vivre-ensemble n'aurait besoin d'aucune loi ! »

 

Robert Gaggiori, article dans le journal Libération du jeudi 1er mars 2012 sur la morale dans l'oeuvre du philosophe André Comte-Sponville 

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