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Dans une contribution au débat autour du dernier livre d'Elisabeth Badinter (Cf. Journal Le Monde du jeudi 18 février 2010), la directrice du mensuel Regards, Clémentine Autain, écrit ce qui suit: "Je suis hostile aux thèses essentialistes qui considèrent que les femmes ont, par nature, des qualités particulières. Ces considérations ont contribué, pendant des siècles, à enfermer les femmes dans leur rôle traditionnel, cantonné à la sphère privée."
Je partage tout à fait ce point de vue. J'irais même plus loin: je suis hostile à toute considération selon laquelle un groupe humain quel qu'il soit aurait, par nature, des qualités particulières (sauf si celles-ci sont scientifiquement attestées et reconnues). Rien ne m'horipile tant que des affirmations gratuites telles que "les femmes sont plus intuitives", "les Noirs ont le rythme dans la peau", "les Allemands sont disciplinés" ou encore "l'émotion est nègre, la raison est hellène" (célèbre citation dont l'auteur n'est autre que le regretté poète et homme d'Etat franco-sénégalais Léopold Sédar Senghor).

Passe encore lorsque l'intention manifeste de ceux qui les profèrent est de véhiculer des choses positives sur les autres! Je considère alors qu'il s'agit de compliments, c'est-à-dire d'actes de langage dont l'objectif visé n'est pas nécessairement de révéler une vérité mais plutôt de faire plaisir aux autres. Mais dès que je perçois le moindre danger d'enfermement d'un groupe humain dans des jugements de valeur négatifs et sans fondement scientifique, je trépigne d'impatience d'en finir avec mon interlocuteur.  
En effet, ces affirmations ont toutes pour fonction de simplifier à l'extrême une réalité humaine hautement plus complexe. En clair, elles agissent comme des  substances soporifiques parce qu'elles endorment les esprits des gens peu enclins à disséquer le réel en les sommant de se contenter de jugements simplistes. 

Denis Dambré 

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