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Je citais récemment un passage de L’obsession anti-américaine, un ouvrage publié en 2002 par le philosophe disparu Jean-François Revel, où il apparaissait que près de 35 millions d’Européens avaient émigré vers les Etats-Unis entre 1850 et 1924. Les recherches historiques permettent, si besoin est, de faire le décompte pays par pays pour bien montrer que les immigrés d’aujourd’hui ne sont pas à l’origine du phénomène des migrations des peuples. Les Européens ont, eux aussi, connu leur période d’émigration. Et il n’y a pas si longtemps que cela ! Je vous propose ci-dessous une traduction rapide d’un passage d’un livre d’histoire allemande :

 « Suite à l’extension massive du chômage due à l’accroissement de la population, la misère des couches sociales inférieures fit de nouveau fortement augmenter les chiffres de l’émigration après 1830. Lorsque de bonnes récoltes amélioraient la situation alimentaire, comme ce fut le cas au début des années 1840, la vague d’émigration diminuait aussitôt. De nouveau succédait une forte augmentation avec le début de la famine, laquelle conduisit à l’apogée de la crise économique, sociale et politique de la Révolution de 1848. Si le nombre annuel d’émigrés s’élevait à environ 20 000 entre 1834 et 1845, au total 1,1 millions de personnes émigrèrent au cours de la décennie suivante, de 1846 à 1855, soit 239 000 pour la seule année 1854. L’Amérique du Nord était toujours la destination préférée des émigrants, et seulement en second lieu l’Amérique du sud et l’Australie. (…) De 1830 à 1870, plus de 2,5 millions d’Allemands émigrèrent vers l’outre-mer, avec une préférence pour l’Amérique du Nord. »[1]           

        

Pour les germanophones, le texte original dit ceci :

“Die Verelendung der Unterschichten infolge der sich durch den Bevölkerungsdruck ausbreitenden Massenarbeitslosigkeit liess die Auswandererzahlen nach 1830 wieder steil ansteigen. Wenn gute Ernten die Ernährungslage verbesserten, wie Anfang der 1840er Jahre, ebbte sofort auch die Auswanderungswelle wieder ab. Erneut erfolgte ein sprunghafter Anstieg mit begin der Hungersnot, die die in der revolution von 1848 gipfelnde wirtschaftliche, soziale und politische Krise einleitete. Betrug der Zahl der Auswanderer zwischen 1834 und 1845 jährlich etwa 20 000, so wanderten im folgenden Jahrzehnt von 1846 bis 1855 insgesammt 1,1 Millionen Menschen aus, im Jahr 1854 allein 239 000. Weiterhin war Nordamerika das bevorzugte Einwanderungsziel, erst in zweiter Linie Südamerika und Australien. (…) Von 1830 bis 1870 sind allein nach Übersee, vornehmlich nach Nordamerika, über 2,5 Millionen Deutsche ausgewandert.“            

  

Une citation à recommander à ceux de nos hommes politiques qui sont prompts à oublier que ce que font les immigrés d’aujourd’hui, c’est ce beaucoup de citoyens européens ont fait hier.

 

Denis Dambré

Dr. Helmut M. Müller et alii (1996) : Deutsche Geschichte in Schlaglichtern, Bibliographisches Institut & F. A. Brockhaus AG, Mannheim, p. 156

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