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Dans ses Doctrines et Maximes, Epicure dit ceci :

 

« Celui qui ne connaît pas à fond la nature de l’univers, mais se contente de conjectures mythologiques, ne pourra pas se délivrer de la crainte qu’il éprouve en face des choses les plus importantes, de sorte que sans l’étude de la nature il n’est pas possible d’avoir des plaisirs purs. »


En résumé, il considère la connaissance comme le moyen d’accéder à la sérénité, laquelle est indispensable pour profiter des plaisirs purs, autrement dit pour jouir sans crainte ni trouble de la vie. Je vois dans cette citation l’exact contraire de ce que dit Blaise Pascal dans le chapitre « sur l’esprit et sur le style » de ses Pensées :

 

« Lorsqu’on ne sait pas la vérité d’une chose, il est bon qu’il y ait une erreur commune qui fixe l’esprit des hommes, comme, par exemple, la lune, à qui on attribue le changement des saisons, le progrès des maladies, etc. ; car la maladie principale de l’homme est la curiosité inquiète des choses qu’il ne peut savoir ; et il ne lui est pas si mauvais d’être dans l’erreur, que dans cette curiosité inutile. »

 

Pour Pascal, le mythe procure la sérénité à l’homme en comblant le vide des choses dont il ne connaît pas la vérité. Il peut donc être aussi un moyen d’apaiser son angoisse existentielle.


Lequel des deux philosophe a raison? Je penche pour la thèse de Pascal, car la connaissance, contrairement à ce que dit Epicure, n'apaise pas. Elle suscite d'autres interrogations. Certes, il est primordial de chercher à comprendre les choses. Mais sans nourrir l'illusion de parvenir un jour à la parfaite sérénité du sage qui sait... 

 

Denis Dambré  

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