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Dans son Traité d’athéologie (Grasset, 2005), le philosophe Michel Onfray dit ne pas mépriser les croyants, mais éprouver de la colère contre ceux qui abusent d’eux. Il écrit : « Je ne méprise pas les croyants, je ne les trouve ni ridicules ni pitoyables, mais je désespère qu’ils préfèrent les fictions apaisantes des enfants aux certitudes cruelles des adultes. Plutôt la foi qui apaise que la raison qui soucie – même au prix d’un perpétuel infantilisme mental : voilà une opération de passe-passe métaphysique à un coût monstrueux ! Dès lors je ressens ce qui toujours monte du plus profond de moi quand j’assiste à l’évidence d’une aliénation : une compassion pour l’abusé doublée d’une violente colère contre ceux qui les trompent avec constance. Pas de haine pour l’agenouillé, mais une certitude de ne jamais pactiser avec ceux qui les invitent à cette position humiliante et les y entretiennent. Qui pourrait mépriser les victimes ? Et comment ne pas combattre leurs bourreaux ? » (ibidem, p. 27) 

Je ne partage pas l’idée selon laquelle il existerait en religion des victimes innocentes et des bourreaux malicieux. C’est, à mon sens, la ligne de partage entre une religion et une secte. A prendre pour vrai le postulat selon lequel la religion serait tout simplement un mythe, il faudrait alors la voir comme une production humaine ayant des racines si profondes dans l’inconscient collectif des croyants que, du sommet à la base, tous les adeptes croient en sa véracité. Le Pape, les évêques, les prêtres et les religieux n’abusent pas (ou pas tous) consciemment de la masse des croyants. Eux-mêmes croient au Dieu qu’ils enseignent aux autres. En d’autres termes, si comme l’affirme Onfray la foi repose sur une erreur, cette dernière s’est fossilisée contrairement à ce qui se passe dans les sectes. Le gourou sait pertinemment qu’il trompe son monde dans le seul but d’en tirer bénéfice. Les dignitaires religieux, quant à eux, croient fermement à leur propre enseignement, sans malice.

 

Denis Dambré

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