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Les droits de l’homme sont un principe de civilisation. La défense de leur universalité est nécessaire, et les pays développés ont bien raison de s’en réclamer. D’ailleurs, dans les pays en voie de développement, les plus faibles adhèrent, eux aussi, à ce principe de civilisation qui leur permet d’espérer. Ce qui est pour le moins gênant en la matière, c’est le double discours des puissants. Ou plus exactement l’alternance insupportable entre leurs discours engagés et leurs silences hypocrites. Cette alternance corrode la volonté généreuse d’universaliser les droits de l’homme. L’ex-ministre et députée européenne française, Simone Veil, écrivait dans ce sens dans son livre, Une vie,  paru en 2007 (p. 197) :

« Il y a toujours deux poids et deux mesures. Quand il s’agit de négocier des accords commerciaux avec la Chine, le silence est d’or. Quand on cherche à séduire Poutine, on lui décerne volontiers des brevets de civisme, passant sous silence ses manquements aux sacro-saints droits de l’homme. Au fond, ce sont toujours aux faibles que l’on fait la morale, tandis qu’on finit par blanchir les puissants. »

L’attitude des responsables politiques des pays occidentaux vis-à-vis de leurs homologues africains reflète souvent la même ambiguïté. Pour défendre les intérêts économiques de leurs pays, les premiers n’hésitent pas à accorder des brevets de fréquentabilité à tel ou tel dirigeant africain dont, pourtant, ils reconnaissent d’ordinaire les entorses aux droits de l’homme. Il suffit de songer à la situation ubuesque de la tente de Kadafi  à Paris. Principe de réalité oblige !

 

Denis Dambré

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