Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Aussi saugrenu que cela puisse paraître aujourd’hui, l’un des arguments avancés par les esclavagistes au dix-huitième siècle pour justifier la traite des Noirs était que leurs esclaves étaient « plus heureux en Amérique qu’ils ne l’étaient en Afrique ». Il faut rendre hommage au philosophe Denis Diderot d’avoir étrillé cet argument dans son Histoire des deux Indes (Cf. Diderot : œuvres, Tome III, Politique, Editions Robert Laffont, Collection Bouquins, p. 742). Voici sa réplique indignée :


« Pourquoi donc ces esclaves soupirent-ils sans cesse après leur patrie ? pourquoi reprennent-ils leur liberté dès qu’ils le peuvent ? Pourquoi préfèrent-ils des déserts et la société des bêtes féroces à un état qui vous paraît si doux ? Pourquoi le désespoir les porte-t-il à se défaire ou à vous empoisonner ? Pourquoi leurs femmes se font-elles si souvent avorter, afin que leurs enfants ne partagent pas leur triste destinée ? Lorsque vous nous parlez de la félicité de vos esclaves, vous vous mentez à vous-même et vous nous trompez. C’est le comble de l’extravagance de vouloir transformer en un acte d’humanité une si étrange barbarie. »

 

Denis Dambré

Partager cet article

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :