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Baudelaire, le grand poète des Fleurs du mal, a été sa vie durant un critique littéraire avisé. Le texte qu’il publia le 20 avril 1862 dans Le Boulevard sur Les misérables de Victor Hugo en dit long sur la perspicacité de son regard de lecteur. Extrait :

 

« (Victor Hugo) se montre toujours l’ami attendri de tout ce qui est faible, solitaire, contristé ; de tout ce qui est orphelin : attraction paternelle. Le fort devine un frère dans tout ce qui est fort, mais voit ses enfants dans tout ce qui a besoin d’être protégé ou consolé. (…) Ainsi se produisent sans cesse dans les poèmes de Victor Hugo ces accents d’amour pour les femmes tombées, pour les pauvres gens broyés dans les engrenages de nos sociétés, pour les animaux martyrs de notre gloutonnerie et de notre despotisme. Peu de personne ont remarqué le charme et l’enchantement que la bonté ajoute à la force, et qui se fait voir si fréquemment dans les œuvres de notre poète. Un sourire et une larme dans le visage d’un colosse, c’est une originalité presque divine. »

 

Baudelaire, L’art romantique, Editions Garnier-Flammarion, 1968, 373-374    

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