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Dans un recueil d'articles de Claude Lévi-Strauss paru ce mois de mars 2013 aux éditions du Seuil sous le titre Nous sommes tous des cannibales, je lis ce passage (p.79): « Les formes diverses qu'a prises l'activité productive au cours des millénaires constituent autant de choix entre des possibles. Chacun offre des avantages dont il faut payer le prix en consentant à subir leurs méfaits. »

L'ethnologue disparu a parfaitement raison. Chaque progrès de l'histoire des hommes comporte un prix à payer. Un exemple : la création de la sécurité sociale par le chancelier allemand Bismarck à la fin du XIXe siècle a constitué un progrès considérable, d'ailleurs repris par différents pays. Mais ce progrès a entraîné la dislocation des anciennes relations d'entraide mutuelle. Désormais, même dans les familles, plus personne ne s'attend à ce que son frère ou son cousin malade se retourne vers lui pour demander une aide matérielle comme autrefois. Car les organismes sociaux de l'État sont censés s'occuper de ceux qui ont besoin d'une d'aide. Le résultat est que les exclus de la société meurent parfois de froid alors même que des membres de leur famille auraient de quoi les aider à se remettre d'aplomb. C'est pourquoi la solidarité souvent mise en exergue dans le discours sur les sociétés africaines ne me semble pas être un trait caractérisque propre à ces sociétés : leur niveau de développement et l'absence d'une sécurité sociale organisée pour tous expliquent l'entraide entre les gens.     

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