Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

On le savait déjà, mais le sommet de la francophonie vient encore de le rappeler: le continent africain est le premier espace francophone de la planète. Progressivement, la langue française prend des couleurs africaines tout comme la langue anglaise a pris des couleurs américaines. La croissance économique actuelle des pays africains (en moyenne 6%) et leurs progrès en matière d'éducation augurent d'un puissant espace économique francophone en cours de construction si, avec l'aide des puissances occidentales, Ebola et les groupuscules terroristes sont éradiqués. D'où l'intérêt que nous aurions en France à renforcer nos liens avec les pays africains, car ils constituent pour nous un appui pour l'avenir. La politique active de François Hollande en Afrique vise cet objectif. On ne le sait pas assez en France, mais Hollande est une star politique en Afrique contrairement à son prédécesseur qui proclamait hautain et sans vergogne devant des intellectuels sénégalais que "L'homme africain n'est pas suffisamment entré dans l'histoire".

Je suis effaré par le nombre d'étudiants africains francophones qui se tournent désormais vers les États-Unis parce qu'ils ne trouvent pas en France l'accueil dont ils ont besoin. A la faveur de certains discours politiques, la peur de l'immigration s'est installée dans bien des esprits. Or, les immigrés ne sont une charge pour leur pays d'accueil que si celui-ci leur refuse de participer activement à son édification par le travail. C'est ce qu'ont compris les États-Unis depuis longtemps: lutter contre l'immigration clandestine est légitime, car aucun pays ne peut absorber une arrivée incontrôlée de personnes à un instant T. Mais refuser le droit de travailler à ceux qui sont entrés légalement revient à condamner nombre d'entre eux à vivre de l'assistance publique, car il faut bien qu'ils vivent. Et il vaut mieux qu'ils vivent d'un travail que de l'assistance. On me rétorquera qu'il n'y a déjà pas de travail pour les Français. Certes, mais qui peut croire un instant que nos compatriotes français résidant et travaillant à l'étranger ne sont que dans des pays du plein emploi?

Il en va malheureusement ainsi dans le monde actuel. La "préférence nationale" est un mot d'ordre mortifère pour nos concitoyens installés à l'étranger. Elle entraînerait de facto pour eux l'application de la même règle par leur pays d'accueil et nous perdrions en voulant trop gagner. N'oublions pas les entreprises françaises qui font des bénéfices dans l'extraction des ressources minières ou pétrolières de pays étrangers ou qui ont des marchés publics juteux dans les pays en développement: Total, Areva, Bouygues, Boloré...En sommme, j'en reviens sans cesse à cette belle citation de Regis Debray: "Les rives sont une chance pour le fleuve, elles l'empêchent de devenir marécage.

Partager cet article

Repost 0